CESSIONS DE TERRES AUX ÉTRANGERS : Un forcing juste pour réaliser le « velirano » de l’autosuffisance alimentaire

La décision de l’Etat de prêter 60 000 ha de surfaces cultivables dans le Bas Mangoky dans la région du Sud-Ouest au  Groupe Elite Agro LLC d’Abu Dhabi (Emirats Arabes Unis) ne cesse pas d’alimenter les discussions au niveau des réseaux sociaux.

Il faut savoir que ce n’est pas le seul projet portant sur la mise à disposition de terrain à des investisseurs étrangers. A Moramanga, des dizaines d’hectares sont déjà destinés à des investisseurs mauriciens. Parmi les principaux arguments avancés pour justifier cette prise de décision,  il y a les milliers d’emplois qui vont être créés et bien évidemment, la réalisation du « velirano » portant sur l’autosuffisance alimentaire.

En ce qui concerne cette dernière, les résultats seront utilisés de telle manière à permettre de dire que les objectifs ont été atteints. Effectivement, avec tous ces investissements étrangers dans le domaine agricole, il est fort probable que la production rizicole enregistre une évolution sensible.

Mais en fait, ces produits sont destinés à l’exportation. En réalité, si les Mauriciens exploitent des terres à Madagascar, la production qui en sera tirée n’est nullement destinée au marché malgache. C’est le marché mauricien qui en est la destination finale. Et la production à venir du bas mangoky en sera de même.

Toujours les importations

Finalement, la quantité de riz produite sur place et mise en circulation sur le marché intérieur ne sera pas toujours suffisante. Comme le gap de la production rizicole nationale qui est comblée chaque année par les importations sera toujours là, il faudra encore recourir aux importations. D’ailleurs, il est difficile de croire qu’on abandonnera les juteuses importations de riz qui ont permis à des personnes proches des pouvoirs qui se sont succédé de se fonder une véritable fortune.

Quant à la création d’emplois, c’est un argument qui ne tient pas vraiment la route. A quelle main d’œuvre va-t-on s’adresser ? Ce ne sont pas les milliers de chômeurs dans les grandes villes du pays qui feront l’affaire. Savoir travailler la terre n’est pas donné à tout le monde. Cela ne fera qu’encourager les paysans actuels à devenir des salariés.

La seule et véritable solution réside dans l’aménagement par l’Etat de nouvelles surfaces cultivables qui seront distribuées aux véritables paysans et non dans la location, le prêt… de surfaces à des investisseurs étrangers. Pour peu que nos paysans disposent d’une surface suffisante et qu’ils bénéficient de l’appui technique et financier requis, la production nationale connaîtra un véritable bond.

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