Riz !

Madagascar est-il un pays rizicole ? En tout cas, c’est un pays consommateur de riz, qu’importe le prix, on l’achète. Oui, le prix a connu une augmentation des fois extrême, mais ce n’est pas un problème et on diminue la consommation. Le Roi joue sur cette situation et s’y amuse à fond. On ne connaît plus les chiffres de production de riz local, mais on sait qu’on importe plus de 250.000 tonnes par an. Enorme, pour un pays troisième producteur de riz en Afrique. Une honte même, quand on sait que presque toutes les régions sont productrices de riz, des greniers, et que la population est à 85% agricole.

Ce chiffre a diminué dans la mesure où les populations ont abandonné la culture du riz pour diverses raisons. Le manque d’eau pourrait être la première cause de l’abandon, mais en réalité, c’est l’insécurité et le manque de soutien technique de la part de l’Etat. La gestion des canaux d’irrigation a toujours été un frein à la production rizicole. De Bezaha à Marovoay et à Ambatondrazaka par exemple, c’est le même refrain. Un « gros » cultivateur accapare l’eau, ou bouche les canalisations ou quelque chose comme ça. Le « petit » se bat et abandonne. Le « gros est favorisé par les microfinances, et le « petit » subit les remboursements avant la coupe. Ce n’est qu’un aperçu des problèmes et la cause de l’abandon. Mais, à côté de cela, il y a l’accaparement des terres arables par les grandes sociétés étrangères.

Dans cette optique, comment voulez-vous que Madagascar serait le grenier à riz de l’Afrique et de l’Océan indien ? C’est une idée utopique et irréalisable en ce moment. Le riz hybride est-il accepté par les riziculteurs ? Une étude approfondie est nécessaire pour le choix des semences. Et savez-vous que dès les prémices du riz, des voleurs s’en prennent à la récolte ? Si tout va bien, le spéculateur achète toujours à bas prix le paddy chez le producteur. Les grossistes y gagnent, et les consommateurs subissent.

L’importation du riz de 250.000 tonnes par an en moyenne est une honte pour le pays. La distribution du « riz politique » n’est qu’un geste incitatif à ne pas travailler.

Vous aimerez aussi