AUGUSTE PARAINA : « La refondation devrait partir des Fokontany »

En marge des  récentes assises des partis politiques qui se sont tenues au gymnase d’Ankorondrano, le président national du parti « Tsara Tahafina », Auguste Paraina nous a fait part de sa vision et de ses impressions sur la situation globale qui prévaut dans le pays. Dans la cadre de la refondation en cours actuellement, le Tsara Tahafina veut, entre autres et surtout, donner une place prépondérante aux réflexions et suggestions émanant des collectivités territoriales dont particulièrement les « Fokontany ».

Après les élections de 2023, le « Tsara Tahafina » s’est fait plutôt discret, que s’est-il passé ?

Après les élections de 2023, le Tsara Tahafina a surtout travaillé au sein de la plateforme Firaisankina  pour préparer les élections législatives et communales. Nous avons eu des candidats lors de ces élections mais présentés au nom de Firaisankina. Certains candidats ont choisi de se présenter comme Indépendants pour ne pas subir l’ire du pouvoir.

Qu’en est-il alors de votre projet de société ?

Tsara Tahafina signifie en français Modèle, exemplaire. Nous devons mériter cette appellation. Nous essayons de présenter une nouvelle offre politique, une troisième voie par rapport à la bipolarisation de la vie politique à Madagascar entre TIM et TGV.

Sur le plan institutionnel le Tsara Tahafina milite pour l’instauration d’un État fortement décentralisé où seules les fonctions régaliennes (Armée, Affaires étrangères, Justice, Politique monétaire) seront exercées par l’État central et le reste (Education, Santé, Infrastructures routières, Agriculture, Environnement, etc.) sera dévolu aux régions autonomes. Un système de péréquation et un fonds de solidarité nationale sont prévus pour  soutenir les régions retardataires. Selon notre parti il ne devrait rester que quatre ministères dans la capitale qui sera ainsi désengorgée. Les fonctionnaires territoriaux avec des contrats régionaux fixés à une localisation obtiendront des primes par rapport aux fonctionnaires centraux.

En la situation actuelle, que suggéreriez-vous comme priorité à entreprendre pour la relance socioéconomique du pays ?

Sur le plan structurel le parti Tsara Tahafina priorise les routes, l’énergie, l’agriculture. L’amélioration du climat des affaires est une condition sine qua non pour attirer et sécuriser les investissements qui constituent un des principaux moteurs de la croissance.La situation actuelle des affaires est encore floue et assez fragile car nous sommes dans un changement anti-constitutionnel mais nous continuons à se référer à la Constitution de 2010. Ce système hybride handicape beaucoup les nouveaux dirigeants de mener leur objectif de refondation, les Institutions héritées de l’ancien pouvoir voulant rester au statut quo. Pour sortir de cet imbroglio, le Parti Tsara Tahafina partage la proposition de la SADC de mettre en place une feuille de route de la transition qui va prendre la place de la Constitution de 2010, avec des nouvelles Institutions Pour la relance de l’économie, les infrastructures routières et énergétiques sont indispensables.

En attendant, comment voyez-vous les pratiques politiques dans le pays, sont-elles « manara-penitra » comme ces réalisations qui ont été inaugurées ?

Pour Tsara Tahafina, la pratique politique à Madagascar nécessite une amélioration. Il faut sanctionner le manque d’éthique et la transhumance et  également le nomadisme politique. C’est pour cela que nous voyons d’un mauvais œil l’Assemblée nationale actuelle qui passe d’une majorité IRMAR à une majorité FANAVAOZANA au gré du vent politique. Cette pratique n’est pas du tout exemplaire et donc, ce n’est pas un modèle ni encore moins « manara-penitra » comme on le dit.

Et à propos de cette refondation projetée actuellement, que pouvez-vous dire ?

Concernant la Refondation, il faut d’abord que les dirigeants et les politiciens font un examen de conscience et acceptent de changer de pratiques, et s’engagent à respecter les lois et la Constitution. Le système actuel hérité de la colonisation française n’est pas adapté à la culture malagasy  et il nous faut un autre basé sur la prééminence du Fokonolona, le Fokontany devant être la collectivité de base.

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