Malagasy Hungry artist

« Le Comédien », œuvre de l’artiste Maurizio Cattelan a fait couler bien des encres. Lors d’une exposition qui s’est tenue à la galerie parisienne Perrotin, dans les allées de la foire de Miami l’artiste a scotché une banane sur un mur avec une bande adhésive. Et l’œuvre a été vendue à 120.000 dollars. L’œuvre a été sujet à controverse. Jusqu’au moment où David Datuna, un artiste de performance basé à New York, a posté une vidéo de lui sur Instagram en train de décoller l’œuvre d’art et de la manger samedi. Il a dit qu’il aimait l’installation, qui, selon lui, était «très délicieuse». Et depuis, David Datuna a lancé un mouvement. « The Hungry artist », « les artistes affamés ».

Il va sans dire qu’en un seul geste, l’artiste David Datuna a tourné l’intention de tous vers la situation réelle des artistes contemporains actuellement. Si des artistes comme Maurizio Cattelan arrivent à vendre une banane collée aux murs, d’autres peinent  à joindre les deux bouts.

Madagascar est sans conteste le pays par excellence des artistes affamés et non moins talentueux. La plupart des artistes malgaches peinent  à joindre les deux bouts. La performance de David Datuna est un acte hautement symbolique et qui mérite réflexion. Toujours relégués au second plan dans l’ordre des priorités du pays, la culture et l’art constituent pourtant des potentiels considérables pour le développement économique du pays. Des mesures au compte-gouttes ont été prises mais certes restent insuffisantes vu la réalité du pays.

Récemment, l’Etat malgache se targue de mettre en place une académie des arts dont les constructions sont en cours. Une initiative fort louable mais là où les mesures détonnent c’est que cette  académie est loin d’être la priorité aux yeux des artistes. En effet, avec ou sans école ou d’Académie d’art, les artistes ont su créer et dépasser cette barrière. Actuellement, ils veulent surtout un marché que ce soit sur le plan national comme international. Autant de raisons pour lesquelles, il est nécessaire de mettre en place une politique de l’art et de la culture afin que les mesures prises répondent beaucoup plus aux besoins réels des artistes.

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