Figure politique, quoique discret ces derniers temps, Yves Razanamasy annonce revenir dans le giron et passer maintenant aux choses sérieuses. Entre autres, il envisage sérieusement d’apporter sa contribution à l’avènement de la cinquième et nouvelle République. Entretien.
Comment voyez-vous la situation actuelle dans le pays ?
Après le passage des deux derniers cyclones, la situation sanitaire et économique de Madagascar s’est aggravée. Le gouvernement multiplie ses efforts mais les plaies sont profondes. Néanmoins, je constate un réveil du citoyen malgache pour une vraie renaissance de la République.
Par rapport à ce constat, le développement socioéconomique escompté par le pouvoir en place actuel, risque-t-il d’être compromis ?
Compromis, non ! Mais c’est difficile pour le très court terme car après des années de souffrances extrêmes, la population est devenue impatiente et je trouve que c’est normal si le Malgache ne veut plus de discours. À défaut de miracle, on doit travailler dur avec le courage.
Et justement, que pouvez-vous dire du bilan de ce premier trimestre du pouvoir ? Est-ce que la refondation projetée est bel et bien effective ?
Les actions du pouvoir sont réelles et palpables, mais la route est encore longue. Je pense sincèrement que cette période de la refondation sera un grand pas vers la réussite sur le plan socioéconomique.
Pensez-vous que le Colonel Michaël Randrianirina soit vraiment l’homme de la situation ?
Etant un militaire, le Colonel Michaël Randrianiirina est un soldat dévoué pour le bien-être des Malgaches. Un officier supérieur qui n’acceptera jamais de perdre cette guerre contre la pauvreté.
On parle de concertation nationale pour jeter les bases de la 5ème République : est-on sur la bonne voie ?
La concertation nationale est nécessaire et obligatoire. Les Générations X, Y, Z… doivent connaitre l’histoire de Madagascar, connaitre la genèse des maux de la Grande Ile et trouver une solution pérenne pour un avenir radieux.
Faut-il alors abandonner les divers projets promis et annoncés auparavant pour la relance du développement socioéconomique du pays mais qui n’ont plus ou moins rien apporté, et que dire dans ce cas de la continuité de l’Etat ?
Pourquoi abandonner si c’est bénéfique pour le pays ? L’Etat malgache s’est endetté pour avoir des infrastructures pour le pays. Le Malgache doit rembourser cette dette. Si on lâche tout, c’est de l’argent jeté par les fenêtres. On peut arrêter les mauvais programmes d’investissements, ou de négocier des emprunts monumentaux. La continuité de l’Etat est une reprise de la gestion intégrale des bons et mauvais projets, ou des réalisations des anciens dirigeants. On doit améliorer la gouvernance et freiner au maximum la corruption.
Maintenant et vous concernant personnellement, est-ce que vous envisagez de reprendre ou de continuer votre carrière politique, sachant qu’à l’époque, vous étiez un proche de l’ancien Président Feu Albert Zafy dont vous étiez même son confident et porte-parole ?
En 2015, j’avais décidé de prendre du recul pour ma carrière politique pour une durée de 10 ans. Sans être un prophète, l’année 2025 m’a donné de la force pour reprendre en main mon amour pour le pays. Je suis libre et disponible. Je crois en l’avenir de mon pays et j’espère pouvoir participer à la naissance de la nouvelle République. Ma présence dans le cercle fermé de feu le Président Zafy Albert n’était pas un hasard, c’était un rendez-vous !


