On approche actuellement de la période de haute saison en matière de tourisme. Compte tenu des énormes potentiels dont dispose la Grande ile en matière de tourisme, c’est l’une des industries qui devrait soutenir sensiblement l’économie du pays.
Les problèmes multiples que rencontre le pays (montée de l’insécurité, corruption généralisée dans l’administration publique, dégradation de l’environnement, épidémie de peste fin 2017 et début 2018,…) ne sont pas faits pour encourager l’arrivée en masse de touristes, les 500 000 touristes par an souvent évoqué par les autorités.
On est encore loin d’atteindre les résultats d’avant les évènements de 2009 quoique le nombre d’entreprises de voyages et de prestations touristiques ou EVPT ait sensiblement augmenté (2048 en 2017 contre 825 en 2007). Si en 2008 on avait enregistré 375 010 arrivées de visiteurs non-résidents aux frontières, ce chiffre a connu une régression ces dernières années : 255 460 visiteurs en 2017 et 213 030 visiteurs les 10 premiers mois de 2018. L’épidémie de rougeole qui a sévi en 2018 pourrait expliquer en partie cette stagnation.
Par contre, les recettes enregistrées au titre du tourisme ont bien connu une meilleure évolution comparée aux arrivées. En effet, si ces recettes étaient de 858 milliards d’ariary en 2008, elles ont atteint les 2 077,9 milliards d’ariary en 2017 et 1 722,4 milliards d’ariary au cours des 9 premiers mois de 2018.
Cette embellie des recettes pourrait s’expliquer par les efforts d’investissement qui ont été faits : en 2017, les investissements dans le secteur du tourisme ont atteint 108,1 milliards d’ariary (dont 99,4 milliards dans les hôtels et/ou restaurants et 8,7 milliards dans les EVPT) contre 22,5 milliards d’ariary 10 ans auparavant, soit en 2007.
Bien évidemment, ces nouveaux investissements ont été suivis par une évolution de l’offre. Le nombre d’établissement d’hébergement et de restauration est passé de 1 181 en 2007 à 2 931 en 2017. En conséquence, le nombre de chambres disponibles a également enregistré une évolution favorable : de 13 340 en 2007, le nombre de chambres disponibles est passé à 26 848 en 2017. La tenue du XVIème Sommet de la Francophonie à Antananarivo en 2016 explique aussi en partie cette évolution.
Ces investissements ont également apporté d’autres avantages comme par exemple l’évolution des emplois directs générés par le secteur. En 2017, le secteur du tourisme compte 44 483 emplois directs (dont 36581 dans les hôtels et/ou restaurants et 7 902 dans les EVPT) contre 24 247 emplois directs en 2007 (dont 19 395 dans les hôtels et restaurants et 4 852 dans les EVPT).
Pour une meilleure contribution du secteur du tourisme dans l’économie globale du pays, on ne peut qu’espérer que les efforts de sécurisation entrepris actuellement dans les zones dites « chaudes » ainsi que l’impulsion initiée par le ministère responsable du tourisme en matière d’assainissement du secteur (lutte contre l’informel) apportent des résultats concrets.

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