LUTTE CONTRE LE MONOPOLE DES GRANDS GROUPES : Il est difficile de cracher dans la soupe

Dans le rapport de la Banque mondiale publié le 25 octobre, cette dernière a avancé plusieurs recommandations non moins pertinentes les unes que les autres. Parmi les recommandations primordiales émises par cette institution financière internationale, on retiendra en particulier celle de mettre un terme au monopole de certains groupes dans des domaines clés comme les télécommunications, les banques ainsi que le commerce de la vanille et du litchi. 

Il est vrai que d’importants secteurs d’activité sont entièrement sous la coupe de grands groupes de telle manière qu’ils dictent toutes les grandes décisions portant sur ces secteurs. Il va de soi que ces décisions sont bien trop souvent prises en leur faveur particulière au détriment des autres hypothétiques intervenants. Or, une plus grande ouverture à la concurrence serait plus avantageuse pour tous car elle permettrait, entre autres, de créer de nombreux emplois et qui seraient mieux rémunérés.

Mais il est curieux et cela mérite d’être relevé, que la Banque mondiale ait oublié de citer parmi les principaux domaines faisant l’objet de monopole de grands groupes, celui de  l’importation et la distribution de produits pétroliers. Effectivement, ce secteur d’activité est également sous la coupe de quelques grands groupes. Et la Capitale vient de vivre les conséquences néfastes de ce monopole quand ces grands groupes font preuve de manquements dans leurs obligations.

Autre sujet pointé du doigt par la Banque mondiale : les abattements et régimes fiscaux préférentiels. Ils réduisent de près d’un quart les recettes chaque année, souligne la Banque mondiale, ce qui constitue un manque à gagner considérable pour le pays dont le taux de pression fiscale est déjà l’un des plus faibles au monde nonobstant les évasions fiscales, les fausses déclarations… dont les grands groupes en sont toujours les principaux bénéficiaires. 

En dépit de la pertinence de ces recommandations émises par la Banque mondiale, on doute fort qu’elles soient prises en considération car il est difficile de cracher dans la soupe. D’aucuns ignorent le rôle majeur joué par ces grands groupes lors de chaque élection majeure par le biais des « contributions » qu’ils apportent à certains candidats de leur choix. Tout compte fait, ce sont ces grands groupes dont les tentacules se déploient sans limite qui tirent les ficelles à tous les niveaux.

Ranaivo Lala Honoré

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