Certains hauts responsables du moment tombent facilement dans la « théorie du complot » pour expliquer les faits qui ont marqué l’actualité ces dernières semaines. Un psychanalyste même pas chevronné ne manquera pas d’identifier une véritable paranoïa collective à leur niveau.
Qu’il s’agisse de fuite de sujet lors de la première session du baccalauréat 2019, ou de l’échauffourée entre les forces de l’ordre et la population d’Ambohitrimanjaka qui conteste le remblayage et la vente de leurs rizières en vue d’y construire la future ville «Tanamasoandro » ou encore de la vraie-fausse pénurie de carburants qui occasionne de longues files d’attente au niveau des stations-services, les responsables pointe du doigt des manœuvres de déstabilisation. Et quand on parle de déstabilisation, les auteurs sont aisément identifiables : l’opposition !
Si fuite de sujet il y a, cela veut dire, ni plus ni moins, que le système de contrôle et de mise au secret des sujets mis en place afin de prévenir ce genre de chose n’est pas efficace. A qui revient la faute ? Si contestation il y a, à Ambohitrimanjaka, a-t-on préalablement recueilli l’avis de toute la population concernée sur leur accord de se séparer des seuls biens qui leurs restent ? De qui relève cette omission ? Et s’il y a de longues files devant les stations-services, pourquoi ne pas satisfaire les besoins de chaque usager si vraiment il n’y a aucun risque de pénurie, dixit le ministre de l’Energie? Cela évitera d’ailleurs toute spéculation.
La seule explication de retard de livraison des navires pétroliers aurait suffi sans qu’on ajoute qu’il y a eu manœuvres ou velléités de déstabilisation. Bien évidemment, il est difficile pour un haut responsable étatique de reconnaître qu’on est à la merci des opérateurs pétroliers quand on clame haut et fort que l’Etat peut et quand il veut, choisir son ou ses fournisseurs. Alors pourquoi ne pas le faire ?
Mais il est plus facile d’accuser les « autres » de complot que de reconnaître ses incompétences et ses incapacités. Ne dit-on pas « qui veut noyer son chien, l’accuse de rage » ?

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