Développement et Constitution

Aujourd’hui, il n’y a pas une seule personne sensée dans ce pays, qui ne réclame enfin un décollage économique, alors que nos voisins africains sont déjà quasiment tous, en vitesse de croisière. Par conséquent, il faut mettre en arrière-plan nos egos et que toutes les compétences et toutes les bonnes idées fassent des propositions concrètes afin que, pour la reconstruction de ce pays, les dirigeants (actuels et futurs) puissent avoir l’embarras du choix pour des mises en œuvre rapides.

L’heure est donc au développement. Développement et Constitution, avons-nous titré cet article. Mais quel rapport y a-t-il entre les deux notions ? Quand on parle de développement, on a plutôt et aussi tendance à penser immédiatement au but, celui de la rentrée d’argent dans les poches des contribuables. Et quand il s’agit des contribuables, le paiement des impôts va de soi. La situation actuelle des Malgaches lambda ne fait nullement transparaitre ce qu’on appelle, le plus facilement possible, cet état de fait de « ‘Nty sy ‘Nday », ou encore ce que les économistes et sociétés civiles nomment « la redevabilité sociale. »

La Constitution est la base même de toutes les actions à mener dans la vie nationale. Depuis le référendum de 2010, bon nombre d’observateurs ont dénoncé l’inadéquation de l’actuelle Constitution avec le processus du développement envisagé, vu les dispositions pas très claires, ou encore le cadrage des textes par rapport aux réalités sur place. Jusqu’à aujourd’hui, différentes versions appellent à la refondation de la base même de l’identité malgache, voire de la République malgache.

Pour ne parler que du développement au niveau et à partir des provinces/régions, les avis divergent, faut-il remettre les six provinces sur les rails et oublier les vingt-deux régions, ou vice-versa ? Quoi qu’il en soit, la question est de choisir entre un Etat central et unique, ou un Etat « fédérateur » et facilitateur dans toute décision de développement au niveau local.

Décentralisation effective, disons-nous ! Sans doute, si et seulement si, à ne prendre que les communes, les maires avaient pleine latitude dans leurs actions et décisions, le Conseil municipal étant l’organe législatif et « regardant » dans les dépenses. Des dispositifs y afférents ont existé, les PRD (Plan régional de développement) et les PCD (Plan communal de développement) faisant foi de feuille de route de chaque circonscription. Et c’est là qu’intervient un exemple, pris au hasard du vécu. Pourquoi une Région ne peut-elle jouir librement des redevances et impôts locaux en vue de son essor ? Ne peut-on adjuger comme quoi les pourcentages au nom des communes, régions et Etat central soient respectées scrupuleusement ? Mais encore, comment n’accepterait-on pas l’idée de concurrence entre les Régions (Provinces) quand chacune présente ses potentialités, certes diverses, tout en étant différentes, comme sources de capacités économiques de la Grande Île ?

La Constitution, puisqu’il faut vraiment y toucher, devrait verser en ce sens, et suivant une décision nationale et consensuelle. Ce serait une Constitution pour toujours… à l’image de celle des grandes démocraties notamment occidentales, qui n’aura besoin d’aucun toilettage à chaque mandat selon la personne du dirigeant.

Vous aimerez aussi