GESTION DES DÉCHETS SOLIDES : Le manque de civisme et les cadres règlementaires à revoir

La gestion des ordures ménagères semble encore difficile dans les grandes villes de Madagascar surtout dans la capitale, notamment durant la saison des pluies, propice à l’augmentation de leur volume face à l’abondance de la production des fruits et légumes. Parfois, le Samva de l’époque, avant le changement de la structure d’organisation au sein de la mairie d’Antananarivo, a du mal à gérer la situation faute de moyens et d’infrastructures de collecte des ordures, sans oublier le non-respect des lois et cadres règlementaires régissant la gestion des déchets solides ménagers. En fait, le problème réside dans le fait que les malgaches ne savent pas ou font semblant de ne pas connaître les lois en vigueur régissant la gestion des ordures, comme le respect des horaires du dépôt dans les bacs, le manque de civisme pour l’hygiène et la propreté…

En général, l’implication et la sensibilisation du grand public sont mis en jeu, étant les principaux acteurs de la filière. De nombreux acteurs publics et privés interviennent dans les divers maillons de la filière déchets, cependant il ne faut pas négliger l’importance de l’implication active des citoyens, principale source de production de déchets. En complémentarité de la mise en place d’un service adéquat de gestion des déchets, les citoyens doivent adopter des comportements respectueux de l’environnement à travers le respect de la propreté, l’évacuation des déchets suivant l’organisation de la mise en place, la réduction à la source et éventuellement la valorisation de ces déchets. Cette implication du grand public, nécessite un renforcement des activités d’information, éducation et de sensibilisation par les institutions publiques et les acteurs privés, en vue d’un changement de comportement. Comme par exemple, au niveau des Fokontany, des comités d’assainissement doivent être  mis en place, afin de renforcer l’implication communautaire et pallier les difficultés institutionnelles. Ils sont en charge du suivi de la propreté des quartiers et de la sensibilisation de la population.

Plus de 400 tonnes d’ordures par jour

Pour le cas du Samva, qui est sous tutelle de la CUA actuellement, les apports financiers ne permettent plus de faire face à la constante augmentation de la production de déchets, impliquant une dépendance aux subventions ministérielles. Comme perspectives, il est temps d’actualiser et d’améliorer les critères et base de recensement de la CUA afin d’assurer une collecte des taxes et un recouvrement correspondant aux réalités terrains, d’augmenter le taux de la Redevance des ordures ménagères (Rom) à 8%. Il est aussi indispensable de clarifier le cadre légal au niveau national et d’exiger leur respect au niveau local et décentralisé. En temps normal, le Samva collecte 404 tonnes de déchets par jour dans la capitale, ce qui ne représente que 43%  des ordures ménagères des habitants. Ce volume peut quadrupler faute d’un ramassage régulier. La quantité des ordures ménagères produites à Madagascar a été évaluée à plus d’un million de tonnes par an. Un chiffre en constante augmentation et qui a été traduit  par la production d’environ 0,4kg de déchets ménagers par jour par habitant. Cette production est concentrée en zone urbaine où environ 42% des déchets échappent au système de gestion, quand celui-ci existe, et sont traités de manière informelle et non encadrés ou stockés dans des dépôts sauvages. La gestion municipale des déchets à Madagascar peine à se mettre en place, par manque de ressources financières, le coût du service étant estimé à environ 32.000 ariary par tonne à Antananarivo mais aussi en raison d’un manque de clarté au niveau des cadres règlementaires et au niveau de la répartition des compétences.

La gestion des déchets solides ménagers est une priorité dans les grandes villes de Madagascar où la quantité de ces déchets ne cesse de croitre. Cette gestion est indispensable en impactant de nombreux secteurs par l’amélioration des conditions d’hygiène et donc la santé des populations, l’amélioration  de l’environnement, la diminution des pollutions, la facilitation de la gestion des eaux usées et pluviales et donc la diminution des risques d’inondations. Ce secteur, trop souvent annexé, doit être mieux intégré et pris en compte dans les politiques de développement de Madagascar.

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