Discours !

Fallait-il encore attendre et écouter le discours du Grand dirigeant en cette fin d’année ? D’ailleurs, on a plus les moyens et les forces requis pour y réfléchir, tellement la faim et la pauvreté ont pesé lourdement sur la population durant l’année en cours. Ne perdez pas votre temps, Monsieur le Grand dirigeant, vous allez prêcher dans le désert, et seuls vos proches et vos acolytes y prêteront attention.

D’ailleurs, il n’y aurait plus rien de concret que des rêves inassouvis, des espoirs et des attentes interminables qu’on attendait depuis l’indépendance, c’est-à-dire, depuis plus de 60 ans. Oui, le développement réel du pays est déjà enterré avec le nouveau concept du néocolonialisme, avec le retour en force de la France, qui tient entre ses mains les rênes de la marche en avant. Il n’y a plus d’espoir de voir Madagascar sur la voie du progrès, car tout le processus économique s’est transformé en pillage organisé des opérateurs étrangers, en particulier les Karana, les Français, les Chinois et les Arabes. Si les industriels locaux persistent sur le marché, c’est qu’ils sont de mèche avec les étrangers. L’Ariary n’aurait plus sa valeur, et d’ici peu, cette monnaie disparaîtrait sur les marchés de devises.

Trop de choses futiles et inutiles ont été gaspillées depuis, mettant le pays dans la misère totale. Les malheurs et les erreurs s’accumulent, entraînant des morts et des malades comme sur le Royaume d’Egypte des anciens temps pharaoniques. Est-ce une malédiction ? Il faut reconnaître que Madagascar est béni des Dieux avec toutes ses richesses inestimables. Comment se fait-il que tout tombe à l’eau et que la pauvreté persiste ? C’est une question de savoir-faire. La faiblesse des dirigeants y est pour quelque chose. La mauvaise gouvernance et la corruption règnent en toute tranquillité. Et c’est la population qui subit tout : la pauvreté, la famine, les maladies, le manque d’éducation fondamentale, le manque d’emplois…

On voudrait changer la situation Monsieur le Grand dirigeant ! SVP, utilisez les sous convenablement pour le bien du Peuple. Arrêtez ces ateliers qui ne rapportent que des avantages pour les autres, plutôt, créez des formations populaires pour développer les quartiers défavorisés dans tout le territoire et selon leur besoin et les réalités existantes. Ne parlez d’internet aux paysans producteurs, ils ne comprennent rien, mais soutenez-les dans des idées innovatrices. Mettez au point des programmes scolaires où la morale et le civisme tiennent une place prépondérante. Créez des industries de transformations médicales pour le chanvre indien ou du « toaka sy paraky gasy » au lieu de les faire brûler par les gendarmes. Y a-t-il des chercheurs dans la salle ?

2022 sera l’année de la propagande en vue des élections présidentielles. Beaucoup d’argent vont encore couler pour rien. La population ne va pas voter dans l’ambiance actuelle, mais elle va participer à la propagande car au moins, elle aura 5 000 ariary, un tee-shirt, un « lambahoany » pour chaque candidat. Les urnes ? Non ! On connaît déjà le vainqueur… Il tiendra un discours « percutant » et prometteur bientôt.

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