C’est bien beau d’entendre les changements à entreprendre pour le pays annoncés par le Grand Dirigeant. On dirait qu’il prêche dans le désert étant donné que personne ne s’intéresse ou personne ne l’écoute. On dirait qu’il raconte des rêves qu’il va réaliser vite et bien. C’est bien d’annoncer ses rêves à ses sujets, mais dommage que ces derniers ont faim et n’ont pas la force de comprendre et d’écouter.
La population attend autre chose, Monsieur le Grand dirigeant. « Fêtez votre « fausse » Indépendance comme vous le voulez, mais nous luttons maintenant contre la famine et froid » pensent la plupart des citoyens. En fait, le dernier discours du Grand dirigeant a omis les aides post-Covid, la création d’emplois ou le soutien des écoliers, des collégiens et des lycéens qui vont passer les examens. La population a besoin de sortir des tunnels dont ils occupent toutes les nuits depuis belle lurette. Et un point important est de retrouver la liberté après des années de prison suite à des jugements corruptifs ou ordonnés par ceux d’en haut. La liste est longue pour les désidératas…
Sur un autre point, on annonce une grande transformation dans le Sud. Mais c’est une décision unilatérale pour les besoins de financement initiés par les bailleurs de fonds, qui, sans le Sud, ne trouveraient pas d’issue. Ici, on joue avec les financements extérieurs qui demeurent un cercle vicieux dans le système de la dette. « Prête-moi, tu travailles, et nous remboursons » Les gagnants sont ceux qui travaillent, c’est-à-dire les partenaires techniques et financiers (PTF)…
Mais on ne transforme pas le Sud comme on veut. C’est une région bénie des Dieux avec des lieux sacrés. Un adage dit : « Chassez le naturel, il revient au galop » On ne coupe pas un arbre comme on veut ou raser des champs de cactus ou occuper des lieux pour autre chose. La tradition est sacrée et la vie quotidienne des populations du Sud ne changera jamais. « Ne nous traitez pas de pauvres avec votre Kere, nous avons honte ! » clame un descendant des rois Maroseranana.


